Ma participation atelier d’écriture #1 – 2015

Ma participation atelier d’écriture #1 – 2015

Cassis-2

Notre boulangerie et son histoire.

Cela faisait plus de seize ans que je voyais mon père pétrir le pain dans cette cave sur-chauffée la nuit. Le matin c’était maman qui ouvrait la boulangerie à six heures. Les tonneliers qui se rendaient à Cognac y passaient pour acheter non pas de petits « dés » mais leur boule de pain. Il avait tenu à conserver cette tradition là.

60944049 Papa m’avait raconté à maintes reprises l’histoire devenue familière de son métier, ceci pour ne pas oublier.

Il me raconta ceci :

– Cela remonte à moins huit mille ans avant Jésus-Christ, à la frontière de l’Iran et de l’Irak, que dans les premiers villages d’agriculteurs sédentaires, ils ne se contentent pas que de chasser, mais ils cultivent aussi des petites parcelles d’épeautre, orge, blé amidonnier.
Explications ICI wiki
De ces graines qui ne sont pas nettoyées, elles seront concassées à l’aide de pierre à moudre (meule…..).
Comme elles sont difficiles à décortiquer, elles sont parfois grillées pour ensuite les éplucher et en faire des soupes de graines bouillies ou bien de graines concassées et puis bouillies.

Toujours durant cette période apparaissent des galettes minces non fermentées, préparées juste avant le repas et cuites ou sous la cendre ou sur des pierres plates polies et chauffées au préalable, ceci n’étant que deux procédés dont je me souvienne de mes lectures. Pour obtenir le pain levé les historiens se réfèrent à l’apparition de boissons de céréales fermentées (millet, orge) ancêtre de la bière.

– Voilà me dit mon père, le début en remontant très très loin, le début de l’histoire de la fabrication actuelle dont nous en sommes aujourd’hui très éloigné. Je vais me coucher maintenant, il est l’heure, à ce soir ma fille.

– A ce soir papa, et reposes-toi bien. Il m’embrassa et je le regardai s’éloigner encore habillé de son grand tablier blanc et de sa coiffe de protection. Il aimait tant son travail et me l’avait répété à maintes reprises. Il souhaitait que plus tard je reprenne l’entreprise familiale.

Le soir venu, et après avoir aidé maman dans le magasin, préparé le repas du soir pour mes parents et avoir mangé ensemble,  je fis la vaisselle, et sortis prendre l’air embaumé du soir. Je me promenais le long des ceps de vigne qui s’étendaient à perte de vue. Notre voisin vigneron possédait pas mal d’hectares de vignes et se retrouveraient dans la confection du cognac régional.
A ma gauche, je m’amusais à cueillir des graines de cassis que mon père avait planté tout le long de la propriété. Ils étaient mûrs et nous en faisions bon usage en vendant également dans notre boulangerie notre propre récolte de confiture. Ils formaient de belles grappes dans mes mains et les engloutis avec gourmandise. Les arbustes fruitiers s’étendaient encore le long du sentier, jusqu’au vieux moulin délabré, ancien vestige d’un autre temps, où j’aimais encore à ce jour me réfugier pour y rêver, écouter le vent entre les pierre, les cris des oiseaux venus se réfugier dans leur nid à l’abri des intempéries. Les ronces, les herbes folles avaient envahi les lieux. J’y avais installé un vieux tronc suffisamment large pour s’y allonger. Je regardais au-travers du toit, le restant des ailes du vent comme j’aimais les nommer.

236374 Comme je les aimais ces moulins, ils me rappelaient Sancho de la Mancha de Cervantes, mais aussi, ceux qui parsèment ici et là, et ils sont nombreux ce plat pays situé aux Pays-Bas. A l’origine, ces moulins à vent avaient comme fonction la plus importante celle probablement de drainer les polders pour pomper l’eau dans les rivières derrière les digues afin de pouvoir cultiver la terre. Un autre à Leiden a été restauré et moud à nouveau du blé.

Je repris le chemin du retour de la maison, en attendant de connaître la suite de l’histoire de la boulangerie. Je la demanderais à papa un des jours prochains.

© G. Atelier Ecriture 22-02-2015

Les images proviennent d’internet.

Publicités

11 réactions sur “Ma participation atelier d’écriture #1 – 2015

  1. Jolie ton histoire en te lisant je voyais tourner les ailes du moulin… je sentais même l’odeur de la farine fraîchement moulue. Je la connais bien nous avions un client qui avait des moulins à moudre. Bisous.

C'est gentil d'y avoir pensé, merci.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s