Jeudi poésie chez Asphodèle – J’ai tant rêvé de toi – Robert Desnos

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J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d’atteindre ce corps vivant
et de baiser sur cette bouche la naissance
de la voix qui m’est chère ?

J’ai tant rêvé de toi que mes bras habitués en étreignant ton ombre
à se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l’apparence réelle de ce qui me hante
et me gouverne depuis des jours et des années
je deviendrais une ombre sans doute,
Ô balances sentimentales.

J’ai tant rêvé de toi qu’il n’est plus temps sans doute que je m’éveille.
Je dors debout, le corps exposé à toutes les apparences de la vie
et de l’amour et toi, la seule qui compte aujourd’hui pour moi,
je pourrais moins toucher ton front et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.

J’ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé, couché avec ton fantôme
qu’il ne me reste plus peut-être, et pourtant,
qu’à être fantôme parmi les fantômes et plus ombre cent fois
que l’ombre qui se promène et se promènera allègrement
sur le cadran solaire de ta vie.

J’ai tant rêvé de toi
Robert DESNOS
Recueil : « À la mystérieuse »

Robert Desnos est un poète français, né le 4 juillet 1900 à Paris et mort du typhus le 8 juin 1945 au camp de concentration de Theresienstadt, en Tchécoslovaquie à peine libéré du joug de l’Allemagne nazie. […….] Son œuvre comprend un certain nombre de recueils de poèmes publiés de 1923 à 1943 – par exemple « Corps et biens » (1930) ou « The Night of loveless nights » (1930) – et d’autres textes sur l’art, le cinéma ou la musique, regroupés dans des éditions posthumes.
Sources : Wiki

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30 réflexions sur “Jeudi poésie chez Asphodèle – J’ai tant rêvé de toi – Robert Desnos

  1. L’amour de l’être absent idéalisé, l’amour lointain comme le chantaient les troubadours, nous font lire un bien beau et douloureux poème, on peu toujours mourir d’amour, du manque au moins !
    Bises

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    • Tant mieux si le mystère est éclairé quant à la dernière strophe. J’avais lu en son temps que celle-ci avait été retrouvée et qu’il s’en est suivi une « enquête ». J’ai fait personnellement un raccourci rapide et je me suis dit qu’il fallait laisser les morts là où ils sont tombés, leur laisser la paix.
      Ce poème me rappelle à la fois des souvenirs tristes et heureux. Quelqu’un a évoqué Jacques Brel dans sa réponse. Effectivement il a chanté : « Devenir l’ombre de ton ombre……. » Terrible et fort à la fois.

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    • Bonjour Roberte,
      J’espère que tu vas bien ?
      Ici froid et soleil. Ce matin 2° Cela me rappelle mon pays 🙂
      Et oui les ombres qui reviennent dans nos pensées. S’il s’agit d’ombres gentilles pas de soucis 🙂 La tristesse ou la joie font partie de la vie. Pour l’instant je pense à ma meilleure amie à Bruxelles. Cela craint là-bas, très très fort pour son mari. J’espère avoir des nouvelles que j’attends mauvaises hélas !
      Bisous
      Geneviève

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    • Bisous Geneviève… suis contente de savoir que tu te portes mieux. Oui c’est bien triste pour ton amie. Pour moi je suis allée voir l’anesthésiste hier en vue de l’endoscopie cardiaque et ce n’est pas brillant. La valve fait un gros bruit signe que le sang s’écoule goutte à goutte et que je suis très mal irriguée d’où mon état de grande fatigue. J’ai d’ailleurs été sur le point de faire un malaise . Je vais rester bien tranquille jusqu’au 5 novembre et j’espère que le chirurgien interviendra ensuite rapidement.. Bonne journée.Re bisous. Roberte

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    • Bonjour Roberte,
      Reposes-toi, tout ira bien, et pas de stress c’est pas très bon. J’en ai fait l’expérience hier matin, où je me suis tapée une mini crise d’angoisse pour rien du tout. Tout cela parce que nous sommes mal informées et que nous n’avons bien souvent pas les bonnes réponses ou du moins celles que nous attendons.
      J’espère que ce matin, c’est plus cooool ? 😉
      Bisous et bonne semaine.

      Aimé par 1 personne

    • Merci pour ton avis Elisa. Aujourd’hui je passe pour le livre et son acquisition 🙂
      Du Brel ? Ah ! je vais aller relire ce poème qui pour moi aussi est très beau, sinon je ne l’aurais pas choisi si je ne l’avais pas aimé 😀

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    • C’est toi qui avait écrit cela 😉 Oui oui, en relisant ce poème ce matin, la chanson m’est venue de suite en tête. Je cite les paroles dans une autre réponse sur cet article. Bien vu de ta part 🙂
      Désolée pour hier, j’ai passé ma journée au lit, tant j’avais mal au dos. Je n’avais pas été très raisonnable le samedi. J’espère que cela t’a plu ? Comme je ne suis pas passé sur les nouveaux articles, je verrai bien. 🙂
      En plus, je comprends plus ce que j’ai voulu écrire en te répondant ci-dessus. Mince alors, je vais enlever le surplus, cela ne ressemble à rien du tout 🙂

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  2. Oui j’ai oublié de te dire qu’il fallait m’amener le lien au minimum la veille mais tout est expliqué sur la Page (sous la bannière) « La poésie du jeudi », ahem ! 🙄 Heureusement tu me mets un poème que j’adore, que j’ai lu et relu à une époque de ma vie , tu sais cette époque où l’on croit que l’on va mourir d’amour !!! 😆

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    • Bonjour Aspho,
      J’y penserai pour la semaine prochaine, promis 🙂 J’avais déjà mis mon poème lorsque j’ai été lire la page explicative sur le blog 🙂
      J’ai alors eu de la chance ? 😀 Ouf ! Je suis contente 🙂
      Et oui l’époque où l’on croit que l’on va mourir d’amour. J’ai vu ce film avec Annie Girardot « Mourir d’aimer » qu’est ce que j’ai pleuré, j’étais toute jeune 🙂
      Maintenant, bof, je puis pleurer de tristesse, mais de là à en mourir non!
      Avoir mal de tristesse oui, d’amour oui. (Correction, je me suis répétée pour ne pas en mourir 😉 )Pour les modalités, j’ai tout compris et j’ai dû corriger, c’est tous les quinze jours.
      Bisous à toi. 😉

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  3. Pingback: LES BERGERS (I PASTORI) di Gabriele d’Annunzio pour la poésie du jeudi et pour le mois italien d’Eimelle. | Les lectures d'Asphodèle, les humeurs et l'écriture

  4. Mon commentaire a disparu? J e ne sais pas ce qui s’est passé. Une mauvaise manoeuvre peut-être? Je disais que j’aimais beaucoup ce poème. Que je connaissais surtout la dernière strophe que l’on a retrouvée dans sa poche juste avant sa mort dans le camp de concentration mais un peu différente.

    « J’ai rêvé tellement fort de toi,
    J’ai tellement marché, tellement parlé,
    Tellement aimé ton ombre,
    Qu’il ne me reste plus rien de toi.
    Il me reste d’être l’ombre parmi les ombres,
    D’être cent fois plus ombre que l’ombre,
    D’être l’ombre qui viendra et reviendra
    Dans ta vie ensoleillée. »

    R. Desnos

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    • Mes commentaires sont modérés 🙂
      Merci pour le rajout. Je l’avais entendu lors d’un reportage à la télé à propos de ce poète que j’aime beaucoup. Il y aurait un doute quant à l’auteur de cette strophe. Tant pis, je ne douterai pas. 🙂

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C'est gentil d'y avoir pensé, merci.

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