Ce que c’est que la mort – Victor Hugo

HPIM0210x600s

Ce que c’est que la mort

Ne dites pas : mourir ; dites : naître. Croyez.
On voit ce que je vois et ce que vous voyez ;
On est l’homme mauvais que je suis, que vous êtes ;
On se rue aux plaisirs, aux tourbillons, aux fêtes ;

On tâche d’oublier le bas, la fin, l’écueil,
La sombre égalité du mal et du cercueil ;
Quoique le plus petit vaille le plus prospère ;
Car tous les hommes sont les fils du même père ;

Ils sont la même larme et sortent du même oeil.
On vit, usant ses jours à se remplir d’orgueil ;
On marche, on court, on rêve, on souffre, on penche, on tombe,
On monte. Quelle est donc cette aube ? C’est la tombe.

Où suis-je ? Dans la mort. Viens ! Un vent inconnu
Vous jette au seuil des cieux. On tremble ; on se voit nu,
Impur, hideux, noué des mille noeuds funèbres
De ses torts, de ses maux honteux, de ses ténèbres ;

Et soudain on entend quelqu’un dans l’infini
Qui chante, et par quelqu’un on sent qu’on est béni,
Sans voir la main d’où tombe à notre âme méchante
L’amour, et sans savoir quelle est la voix qui chante.

On arrive homme, deuil, glaçon, neige ; on se sent
Fondre et vivre ; et, d’extase et d’azur s’emplissant,
Tout notre être frémit de la défaite étrange
Du monstre qui devient dans la lumière un ange.

Victor Hugo.

Publicités

3 réflexions sur “Ce que c’est que la mort – Victor Hugo

  1. A force d’être jeune on devient vieux.
    Les ans passent trop vite et l’on ignore
    Si un monde meilleur existe encore
    Ou s’il est exilé en d’autres lieux.
    Un été se termine et c’est l’automne
    Dont la splendeur annonce un autre hiver.
    Les arbres dépouillés ne sont plus verts
    Et le décor paraît bien monotone.
    Il nous faudrait, d’après l’auteur ancien,
    Sans attendre cueillir toutes les roses.
    La vie ne suffit pas à un païen
    De pouvoir savourer toutes les choses.
    Et je croyais triompher du destin,
    Me réchauffer toujours près de la flamme
    Mais, froid, j’avais déjà perdu mon âme,
    Convive repoussé hors du festin.
    Conflans sainte Honorine
    Avenue Carnot 12.04.1953
    Concernant ces publicités
    Occasionnellement, certains de vos visiteurs verront une publicité ici.

    J'aime

C'est gentil d'y avoir pensé, merci.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s