Maman et les violences subies

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Ce sera bien la première fois que je parle de maman, à ce jour, en ces termes.
A la fois une intense dénonciation, un témoignage pour les femmes qui passeraient lire cet article, et une réconciliation et prise de conscience de moi-même, l’âge aidant vis à vis d’elle. La mémoire fait son chemin. L’amertume, les griefs s’en vont dans une forme de pardon. Je ne sais si c’est ce sentiment là ? A ce niveau je suis quelque peu « handicapée ». Cela ne laisse en rien le fait qu’elle soit devenue la femme manipulatrice qu’elle soit devenue par réaction ? En nous divisant mon frère et moi-même pour mieux « régner » ? Peut-être ? Dans mon univers familial, mes enfants et petits-enfants. Elle fut toutefois une femme bonne, aimante pour les autres ayant le don d’elle-même en tant qu’infirmière. Je puis la qualifier de « sainte » vis-à-vis de son tortionnaire. Syndrome de Stockholm ? Peut-être.

Elle avait une vie sociale différente de la vie familiale.  Une femme de droit, fonctionnelle dans la vie de tous les jours,  très coquette, extravertie, et qui m’a beaucoup appris au niveau de la culture que j’ai acquise grâce à elle, en complément surtout de l’école. Une femme courageuse, dont je n’ai pas du tout partager ses prises de position,  que je lui ai reprochés alors que j’avais encore dans la cinquantaine. Le chemin est long pour une forme de compréhension. Cela ne pardonne pas nécessairement tout, comme non assistance en personne en danger, mais elle a fait comme elle pouvait à l’époque en étant une femme sous influence. N’ayant jamais connu cette vie là dans sa famille et ayant été télescopée sur une autre planète, avec mon frère et moi-même. Chacun de ses enfants semble t-il avec des vies vécues intérieures fort différentes. Je n’ai pas fait mieux qu’elle, c’est-à-dire comme j’ai pu aussi, avec les moyens dont je disposais à essayer de se confronter aux problèmes de l’existence. Différences et aussi continuité.

Je pense que les origines sociales, ultra bourgeoise pour maman et rurale pour papa n’ont rien eu à voir dans ce qu’elle et nous avons pu subir. Sauf si papa avait eu des antécédents familiaux, ce que j’ignore.

Les violences physiques et psychologiques en tant que femme.

Le début et quand cela se met en place ? Comme le raconte la femme qui a témoigné hier après-midi sur France2, petit à petit.
A peine sans se rendre compte elle-même de l’isolement imposé, de la jalousie, de l’alcoolisme.

Je me souviens j’avais huit ans. Maman m’a raconté que papa qui travaillait comme second dans la marine marchande ne souhaitait plus continuer ce travail. Il ne voulait plus naviguer, alors que c’était son rêve, son lieu où il aimait être, sa vie.
« Tient donc ! Il avait tellement peur qu’elle aille voir ailleurs dans sa tête d’homme macho que déjà de par cette action, il a fait le premier pas vers cette vie infernale qu’il nous a imposé. » (c’est moi qui le pense)

C’est ainsi qu’il est entré pour faire court dans un garage de mécanique. Il était fortiche dans ce domaine, surtout les moteurs diesel. La suite de son parcours professionnel le démontrera. Installation des moteurs du plan incliné de Ronquières (Belgique) notamment.

Comme il ne naviguait plus, il a commencé à fréquenter le bistrot du coin. Le seul au Nord de Bruxelles, à l’époque encore un petit village. J’avais moins de huit ans. Les enfants lorsqu’ils sont petits ressentent les choses de la vie et lorsque quelque chose ne va pas.  Je me souviens de ma main, ce jour là, dans celle de maman. Nous cherchions papa qui n’était pas encore rentré. Je ressentais la peur. Je ne pouvais rien nommer. Elle ne disait rien. J’étais trop petite. En chemin, à pieds, dans un silence tellement pesant. La trouille au ventre.
Nous l’avons retrouvé dans ce café de quartier. J’ai vu son visage et j’ai vu ses yeux tout petits et tout ronds. La petite fille que j’étais ne trouvait pas cela normal. Maman non plus. « Je raconte cela de cette manière, car son ressenti et le mien ont été en osmose ce jour là »
Rien ne tournait rond. Des ondes m’entouraient. J’avais cette intuition que les êtres sensibles ont qu’il allait se passer quelque chose, mais quoi ? Nous avons grimpé les marches du petit immeuble en rentrant tous les trois.
Je ne me souviens pas si auparavant il buvait ? J’ai oublié.
Nous avions peur. Mon frère ? Il semble ne pas avoir été là. J’ai oublié.
Il a commencé comme d’habitude à titiller maman, à lui chercher des poux dans la tête. L’atmosphère était lourde, comme lorsqu’un orage dans la nature va éclater.

Et c’est là l’espace d’un moment que j’ai vu cette image que je n’oublierai jamais c’est mon père avec le petit couteau de cuisine à éplucher les pommes de terre, le lever au-dessus de maman appuyée contre l’évier de la cuisine. J’ai hurlé et je me suis enfuie au rez-de-chaussée chez la voisine. Je me souviens m’imaginer l’horreur. Le cadavre de maman sur le sol, aux mains de mon père. Je ne voulais pas rentrer chez moi, chez mes parents. Je voulais être ailleurs. Maman est venue me rechercher. J’étais accroupie entre une armoire et un mur. De cela je ne me souviens pas. Bien de mes pensées. Celles de ma maman ? Elle ne les a jamais dites. J’ai jamais demandé non plus. Il était interdit de poser des questions.
Première agression.

Il a continué à boire. En revenant, alors que maman faisait à manger en attendant qu’il entre. J’entendais son pas lourd dans l’entrée et claquant cette porte. Il chantait ce qui n’annonçait rien de bien. Nous sommes alors aux alentours de 1960, j’avais dix ans. Elle le servait et ensuite il balayait d’une seule main cette assiette qui se retrouvait à terre. Je vois encore maman tout ramasser et la nourriture et la vaisselle cassée. Combien de fois n’a t-il pas renouvelé ce geste. Et invariablement maman ramassait et jetait. Sans rien dire. Il criait, il jurait, il invectivait. Nous étions tous dans le silence et dans l’attente que cela cesse.
La vie était ainsi rythmée à la maison le soir, entre ses virées d’alcoolique, les mots qu’ils disaient à maman injurieux. J’ai beaucoup oublié et n’ai retenu pour maman que la suite.
Un jour, il est rentré et lors d’une altercation toujours sous l’emprise de la boisson, il a mis ses mains autour de son cou et il a commencé à l’étrangler. Je regardais immobile, n’osant pas bouger. Impossible, tétanisée par cette horreur. Et la peur au ventre comme lors de la première agression de perdre maman.

Maman s’était « habituée » aux colères de papa. A ces titillement en joutes verbales. Je l’ai vue entamer des monologues interminables pour le calmer, le temporiser, détourner les idées fixes de cet homme et les faire changer dans son esprit tordu. C’était long et maman n’en finissait pas d’essayer de le raisonner. Elle y arrivait, au bout d’une ou de deux heures. J’entendais tout cela.
Deuxième agression

Maman m’a raconté pour une autre, qu’elle avait fait bouillir beaucoup d’eau, à l’époque sans doute pour la lessive. Et qu’il avait voulu prendre ce récipient et jeter le tout sur elle. Elle a pu en réchapper je ne sais plus comment.
Troisième agression.

Les coups, c’est nous qui les recevions au départ. Davantage mon frère, après c’était parfois mon tour. La ceinture pendait à la porte, je me souviens tellement bien. Cela fait très mal, cela brûle. Pas de mots. S’enfuir en pleurant et entendre que c’est une honte les pleurs. Mon frère très rebelle, n’y coupait jamais. Maman à ce moment là se mettait entre lui et mon père et tout s’arrêtait. Étrangement, pour dire qu’il n’y a pas de cohérences, il ne levait pas la ceinture sur maman à ce moment là.
Vivre ainsi est un enfer. Vivre ainsi c’est sous une torture de violences vécues au quotidien.
Lorsque je lui répondais à table, je me souviens avoir reçu à diverses reprises le pot de beurre dans la figure. « maman mettait le beurre dans un ravier en verre avec un couvercle »
J’ai eu moins de coups, mais il a eu sur moi une autre emprise bien pire, physique et psychologique m’enfermant dans un silence de vingt années.

J’ai donc vu maman supporter tout cela. A l’adolescence, je me disputais avec elle en lui demandant pourquoi ne pas le quitter nous aurions été si heureux à trois sans lui ? Elle me répondait qu’elle avait très peur. Qu’elle ne pouvait pas. Qu’il l’avait menacée que si elle faisait une telle chose il nous tuerait tous les trois. Je lui répondais que ce n’était de la part de cet homme que de la lâcheté et qu’il ne ferait rien du tout.  J’en ai beaucoup voulu à maman de ne pas quitter papa. Je ne comprenais pas, comme d’autres faits précédents me concernant. Ce fut entre elle et moi une profonde discorde longue. Aujourd’hui j’aimerais qu’elle soit là pour lui raconter que je comprends pourquoi.
Même devenue adulte, nous en parlions toutes les deux. Elle m’expliquait. Je ne pouvais pas comprendre. J’avais l’intransigeance de mes parents, à ma sauce. L’entêtement aussi. Mes parents avaient tous les deux dans ce domaine la palme d’or. Je sais de qui j’ai hérité dans ce domaine 🙂 Je puis sourire, car cet entêtement me sert aujourd’hui.

Non maman ne pouvait pas le quitter. A l’époque personne pour aider une femme dans cette situation. Alors qu’aujourd’hui, les centres et les associations sont existantes, je me dois de constater que malgré tous ces efforts, combien de femmes meurent sous les coups de leur conjoint ? Je ne parlerai pas des statistiques, je les déteste et ils ne veulent rien dire.

Un jour qu’il revenait saoul à l’appartement, toujours entre mes dix et treize ans, j’étais occupée avec mes cahiers scolaires. Je faisais de la physique, je m’en souviens très bien. Il a pris tous mes cahiers en me disant que l’étude cela ne servait à rien, et il a tout balancé au-travers des deux grandes pièces de plus de quatre mètres de longueur. Au passage, il cassait un objet, puis un autre. Tout valsait autour de nous.
Après l’incident de mes cahiers où je fus encore plus atteinte parce que j’adorais l’école, j’ai pris une décision. Faire quelque chose pour qu’il ne boive plus et avoir la paix. J’ai fait une longue analyse et ma psychiatre m’a dit que là j’avais pris le rôle de maman, courage et résilience.  Lorsqu’elle m’a dit cela concernant maman, je n’ai rien ressenti, fallait que cela change un point c’est tout. Il fallait agir.  C’est une autre histoire.
Pourquoi décider ? Parce que pour moi l’école était un lieu sacré, un refuge où j’apprenais tant de choses. Ma curiosité était satisfaite, j’y avais mes amies, j’apprenais autant que je le pouvais, même si je n’avais pas suffisamment de mémoire. Ce ne fut pas facile. J’ai réussi ma dernière année.

Ensuite, il n’y a plus eu la boisson, mais les mots. En résumé un régime de dictature au quotidien. Plus tard, lorsque la porte de la maison s’ouvrait, je savais que la paix était terminée et qu’il allait falloir composer. Maman à ce moment là et depuis longtemps avait retrouvé du travail.

Les colères incessantes en voyant une émission à la télévision.
Maman m’a raconté aussi qu’en travaillant comme aide-soignante, son dernier travail dans une maison pour personnes âgées dépendant du CPAS, l’équivalent de la CCAS ici en France, elle invitait parfois une copine de travail à la maison. Mon père ce grand pervers mettait la main là où il ne fallait pas à ces femmes qui venaient en visite et ensuite maman devait constater qu’elles ne venaient plus. Elle su par la suite pourquoi. Il les caressait en douce derrière le dos de maman.
Papa isolait ainsi maman dans ses relations amicales. Quant à la famille, celle-ci l’avait rejetée suite à son mariage. Rejet de la part de cette famille « bien pensante » parce qu’elle allait épouser un protestant et qu’elle attendait « famille » (expression belge qui veut dire attendre un bébé). C’était moi.
Il était en instance de divorce. Là j’écris en souriant qu’elle avait cumulé pour déranger cette société à l’ordre bien établi. A l’époque c’était une femme amoureuse. Il n’y avait que mes grands-parents.

Et un jour il a interdit à ma grand-mère de venir le mercredi après-midi pour aider maman dans la couture. A l’époque les chaussettes étaient encore reprisées, les boutons recousus, les ourlets faits etc…. et ma bonne-maman venait que pour cela. A l’époque le temps était déjà à l’économie. Difficile de joindre les deux bouts, même en 1965. Tout cela parce qu’elle était catholique. Ma pauvre bonne-maman, si bonne, aimante, dévouée.
Là maman a tenu bon et n’a pas abandonné. Heureusement pour elle, pour nous.

Et après, les années se sont écoulées. Papa avait dix-huit ans de plus que maman. Il avait été torturé comme résistant politique en Allemagne et portait de graves séquelles aux jambes ce qui en vieillissant se traduisaient par l’apparition d’ulcères variqueux. J’avais environ seize ans, dix-sept ans. Maman travaillait de nuit. Elle rentrait le matin, et ensuite pendant une heure s’occupait de papa pour le soigner comme la bonne infirmière qu’elle était. Avec soin, application pour que ce truc là guérisse. A l’époque deux crèmes, l’une pour l’extérieur de la plaie une autre pour mettre dessus. Je le voyais souffrir et je me disais : « tu as ce que tu mérites ». Je n’ai jamais eu de pitié pour tout cela. Je trouvais maman courageuse, et très sincèrement, je l’admirais pour ce qu’elle faisait à ce tortionnaire. Car il l’était toujours. En paroles. Il devenait trop âgé. A eux deux, par la suite, lorsque nous n’étions plus là avec les parents, maman a mieux vécu. Elle entraînait papa à Ostende. Elle restait sur l’estacade ou bien sur la digue. Papa prenait le bateau pour la journée et partait pêcher pour le plaisir. Ils faisaient ensemble des sorties d’une journée organisée par une société de cars de voyages pour les personnes de tous âges. Ceci à Forest-Bruxelles.

Lors de l’enterrement de papa, j’ai trouvé inadmissible que maman s’écroule alors que mon frère et moi nous tenions son bras de chaque côté. Je ne comprenais pas pourquoi elle pouvait éclater en sanglots. Comme je lui en ai voulu de tout cela.

Aujourd’hui c’est terminé les pensées négatives au sujet des choix d’une femme qui en a subi des choses. Différentes des miennes, moches aussi sous le même toit. Deux femmes différentes.

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© Geneviève O – 25-11-2016

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23 réflexions sur “Maman et les violences subies

  1. Salut Geneviève !!
    Ton récit me touche énormément car j’ai vécu un peu la même chose mais de façon différente. Pour faire court ma mère ne s’est jamais occupé de ma sœur et de moi. Ce sont mes grands parents qui m’ont élevé, ma sœur étant resté en nourrice pendant 2 ans 1/2. C’est ma grand mère qui a exigé que nous ne soyons pas séparés. Ce qui fait que ma grand mère a récupéré ma sœur pour qu’elle vienne vivre avec moi.
    J’avais trois ans quand mon père et ma mère ont divorcé. Mon père était engagé dans l’armée. Je n’ai aucun souvenir de lui.
    Ma mère a refait sa vie de son coté et mon père également. Pendant les vacances nous allions chez elle. Mon beau père étaient violent avec nous que ce soit physiquement ou psychologiquement. Des exemples. Un jour je me souviens comme si c’était hier, j’avais fait tomber une tartine de pain (Une chose pas très grave). Cela se passait pendant le repas de midi. Mon beau père a pris une tomate farcie dans le plat avec une fourchette et me la lancée en pleine figure de telle manière que ma mère qui était prête pour aller travailler (à l’hôpital) sa chemise blanche a été éclaboussée.
    Un autre exemple. A noël nous n’avions que très peu de jouets. Mes grands parents maternels avaient très peu de moyens. Les seuls jouets que nous avions venaient des amis de mes grands parents et de l’arbre de noël de l’hôpital. Ben tenez vous bien, les rares jouets que ma sœur et moi avions mon beau père les mettaient dehors sous la pluie pour que nous n’en profitions pas.
    Et troisième exemple. J’étais un rebelle dans l’âme et je le suis toujours d’ailleurs. Quand je me rebellais contre mon beau père, il m’obligeait de force à me mettre à genoux sur de jeunes pousses de rosiers et à me déplacer dans cette position. C’était l’horreur.
    Ma sœur et moi nous ne voulions plus y aller pendant les vacances. D’autant plus que par la suite ma mère et mon beau père ont eu 3 enfants. Alors là, c’était pire car on ne comptait plus du tout. Il n’y avait que les siens qui comptaient.
    Les premiers temps on osait pas le dire à ma grand et un jour ma grand mère s’est aperçu que ma sœur pleurait dans son lit et c’est comme ça que ma sœur a tout déballé.
    Pour faire court une fois de plus, je passe toutes les différentes péripéties qui se sont passées. ça c’est terminé au tribunal. En première instance ma grand mère a perdu le procès. Elle a fait appel. Tout le monde lui disait qu’elle n’avait aucune chance de gagner. Malgré ça, elle l’a fait. Et elle a gagné le procès. Et depuis ce moment là mes grands parents, ma sœur et moi étions fâchés avec ma mère.
    Quelques années plus tard (J’étais adulte peut être que j’avais une trentaine d’années) j’ai appris que ma mère avait à nouveau divorcé. Il faut que je vous dise qu’elle avait fait une demande pour voir ses petits enfants (Mes 3 enfants). Je n’ai pas voulu mettre de véto à ce qu’elle les voit. Je me suis dit que si ma sœur et moi nous n’avions pas eu grand chose d’elle ce serait dommage de priver mes enfants de leur grand mère qui pourraient leur donner ce que nous n’avions pas eu. Et c’est un peu comme ça que j’avais des nouvelles de temps en temps. La seule condition que j’avais exigé c’était que je sois absent quand elle viendrait les voir.
    Entre temps, elle a refait sa vie pour la troisième fois. A la mort de son troisième mari elle a demandé que nous fassions la paix. Ma sœur et moi nous nous sommes consultés très longuement. C’était moi qui était le plus réticent. Au bout d’un certain temps j’ai fini par accepter. ça fait environs une dizaine d’années que je la vois de temps en temps mais je n’arrive toujours pas à lui dire maman. Je suis comme un étranger. Ma sœur c’est pire.
    J’en reviens à mon père qui lui aussi a refait aussi sa vie mais une seule fois. Il a eu 7 enfants avec sa nouvelle femme (5 filles et 2 garçons). Il avait quitté l’armée pour être routier et là il s’était mis à la boisson grave. Ses copains de bar comptaient plus que sa famille. A sa mort, ma belle mère a pris contact avec ma sœur et moi. J’ai donc fait connaissance avec ma belle famille qui est très sympathique. C’est comme ça que j’ai su que mon père buvait et qu’il a été très violent avec ses enfants et sa femme. Heureusement que je n’étais pas là à cette époque car me connaissant rebelle je me serais interposé. Il y en aurait un des deux qui serait mort. Voilà, j’arrête car j’en aurais un livre à écrire.
    Merci Geneviève pour ce partage. Tu m’as permis d’écrire quelque chose que je n’ai jamais fait. Bonne journée à tous !!

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  2. Merci pour ton témoignage chère Geneviève. Il y a des engrenages terribles que personne ne peut arrêter. Qui est responsable ? de quoi ? Dans ce chemin du pardon et de la paix que tu as pris, surtout ne t’oublie pas… Nous avons tant de culpabilités inconscientes qui nous empoisonnent la vie, alors même que nous étions des enfants impuissants ❤

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  3. Bon dimanche,
    Je répondrai à vos gentils commentaires, pour ceux en attente d’une réponse de ma part, plus tard. Ce matin, oui oui je sais c’est à la dernière minute, je vais au magasin, m’acheter des compléments avec la voiture et ensuite si j’ai beaucoup de courage irai tout déposer à Blaye.
    Bisous et à bientôt. 🙂 ❤

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  4. Bonjour
    Ton histoire me touche ….Elle ressemble en tous points à la mienne ( à la nôtre : Nous étions quatre enfants )….Tout ce que tu expliques , je l’ai vécu ( avec le  » rôle  » de l’ainé ) ….Aujourd’hui , il est sobre , n’est plus violent ( sauf un peu en paroles parfois ) , ma mère n’a jamais eu le courage de le quitter , nous , les enfants , nous nous réfugions chez ma grand -mère ( Elle, mon père n’osait pas l’affronter ) . Il voudrait qu’on oublie mais je ne parviens pas à effacer le passé ; il a beau essayer de paraître quelqu’un de bien ( comme il l’a toujours fait devant les habitants du village ) , je ne peux pas .
    F.

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  5. « Il y a dû y avoir un monde entre ses rêves de jeune fille, le début de sa vie avec mon père dont elle m’a confirmé qu’elle était très amoureuse »;
    Attendre le prince charmant, l’épouser, et plus tard découvrir que la réalité est tout autre; d’où un douloureux sentiment d’échec très déstabilisant, et cet échec, on ne peut l’accepter; donc, on n’en parle pas, et au début on ne veut pas y croire.
    Partir est aussi un constat d’échec, et puis on veut croire que cette violence est accidentelle, et ne se renouvellera pas;
    Et la dénoncer, en parler c’est en accepter la réalité.
    Voilà, Geneviève, ce que je peux dire concernant toutes les questions que tu te poses.
    Surtout, fais la paix avec ce remords que tu as, pensant n’avoir pas compris l’attitude de ta mère; c’est très difficile de comprendre la souffrance de ces femmes et surtout pourquoi elles ne partent pas. Toi-même, d’ailleurs, écris « Quant à vivre dans la peur permanente, oui à la maison au quotidien. Surtout le soir lorsqu’il rentrait tard. J’étais dans mon lit, je ne pouvais pas dormir, et j’attendais le coeur battant très vite qu’il arrive. »
    C’était aussi ce qu’elle vivait, sans pouvoir le partager.

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  6. Oh là terrible témoignage, je suis bien plus jeune, mais j’ai tellement l’impression d’avoir vécu la même chose, sans avoir été moi frappé mais psychologiquement, ma mère elle l’a été longtemps, ensuite il la détruite psychologiquement aussi, il buvait, il gueulait, elle ne voulait pas divorcé car c’était compliqué, et puis il y avait les enfants, elle a donc attendu sagement qu’on soit tous parti de la maison pour le faire et ça, j’ai du mal à le comprendre, bon elle avait beaucoup de tord aussi, avec le temps on comprend, mais aujourd’hui je suis loin d’eux deux et quel soulagement.

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  7. Quelle souffrance! Tans de blessures, de chagrin! Votre vie n’a pas été facile! Et pourtant vous vous êtes remise! J’admire votre courage et votre force!
    Prenez soin de vous chère amie!

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  8. Bonjour Geneviève
    Terrible témoignage, en même temps libérateur. Je viens de répondre longuement à Claudie la Picarde, se demandant la différence entre violences psychologiques et physiques. J’ai oublié de dire que les ressentis et réactions psychologiques sont les mêmes dans les deux cas.
    Bises affectueuses

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  9. Bonsoir mon amie, je viens de te lire et tout en te lisant je me disais enfin elle pose des mots aux maux, ta maman est une femme courageuse et sûrement difficile à comprendre lorsque l’on est jeune, mais nous étions encore à l’époque où le mariage était pour toujours,le pire comme le meilleur et malgré tout elle l’aimait.
    Aujourd’hui partout on nous dit  » non à la violence pour les femmes » et c’est une bonne chose, à son époque, si elle avait pris ses enfants sous Le Bras pour quitter le domicile conjugal, elle aurait été mal jugé, même si ton père était un tyran domestique, j’ai connu cela, pas avec maman, elle a été veuve à 31ans, mais chez les grands parents maternels, mon grand père était une perle de grand père, mais son épouse et ses enfants le craignaient, je n’ai compris qu’assez tard qu’il aimait la divine bouteille, mais bon …
    Aujourd’hui mon passe est derrière moi, il n’y a plus que mes souvenirs que je veux doux, et dis toi aussi que même encore de nos jours il y a des tensions entre mère et fille,
    J’espère que d’avoir écrit ces mots t’a apaisé et que cela t’a amené à te réconcilier avec le passé
    Merci de nous avoir fait partager ces moments poignants
    Avec toute ma tendresse et mon amitié
    Bonne soirée
    Bisous
    Mandrine

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    • Bonjour Mandrine,
      Je me suis surprise ces derniers mois et même peut-être plus d’une année à penser à maman avec bienveillance. Et puis voilà que j’ai écrit les mots, comme tu l’as très bien ressenti en tant que femme.
      Mon père était pire qu’un tyran domestique. Ce sera pour une autre histoire.
      Si elle l’aimait ? Nous n’en avons jamais parlé. J’ai juste voulu savoir lorsqu’elle l’a rencontré si elle était vraiment amoureuse de lui. Elle m’a dit que oui, et encore après. Puis les mots dans sa bouche se sont arrêtés et je n’ai pas osé poser d’autres questions. C’était un peu avant mon mariage en 2004. Je parlais souvent avec elle de mes essais de couples et j’étais libre avec les mots pour les lui livrer. A ces propos, mamamn m’a toujours sévèrement jugée dans mes choix, dans ma façon de vivre en tant que femme qui faisait ce qu’elle voulait. Je lui en voulais pour cela aussi. De quel droit ? C’est dur d’avoir entendu cela de la part de sa maman, alors qu’elle-même n’avait pas eu la vie facile. Mon frère ensuite en rajoutait une couche supplémentaire influencé en cela par maman. A l’époque je n’ai pas compris. Aujourd’hui et lors de son décès beaucoup mieux en parlant un tout petit peu avec ce frère que j’aime tant et qui est si renfermé en lui-même. Je ne peux rien faire pour lui hélas que l’accepter tel qu’il est. Maman avait très peur de partir et a garder cette trouille au ventre vis à vis de mon père jusqu’au moment où il est devenu « âgé », amoindri comme nous le devenons tous actuellement vu notre âge. Sauf que lui avait des pathologies liées à la guerre, la boisson et sa vie antérieure dont nous ne savons que très peu de choses. Mis à part ses récits de marin qui me faisaient rêver, et oui, et c’est là toute cette ambiguïté dans laquelle j’ai vécue, entre violences, celles décrites, et aussi ces moments où mes parents chantaient fan d’opéra, de musique classique, de chants traditionnels, et de jeux de carte, de jeux de société avec mes grands-parents le dimanche. Ces moments étaient bienvenus et une trêve dans la vie quotidienne et après hop c’était reparti. Mon caractère étant de ne garder que le meilleur, je n’ai pas oublié tout ce qui c’est passé, mais je garde surtout le meilleur. C’est ce qui m’a fait avancer en étant jeune. Une faculté que j’ai, m’a dit à l’époque la psychiatre et dont je ne me rends pas du tout compte. Je partageais avec papa bien plus tard aussi, tout ce qui concerne la colombophilie, une émission à la radio de musiques folkloriques. C’est peut-être cela qui plus tard m’a poussé à aller rejoindre ce groupe de danse juste derrière la maison que nous louions. Je voyais de ma fenêtre de la chambre des personnes danser dans la petite école. Mon mari (encore mon mari actuellement) trouve ces relations si ambiguës dans ma vie de jeune fille. Je ne trouve pas. Comme disait cette femme à la télévision, n’avoir envie que de paix. Et c’était cela. Des souffles d’air pour mieux supporter la suite à venir.
      Pour ce qui concerne ton grand-père, tu écris bien qu’il était une perle, ce qui devait être vrai. Hélas l’alcool détruit tant de choses et fait faire des énormités. Mon père n’était pas qu’alcoolique, il y avait chez lui d’autres choses terribles et perverses. Un individu tout en ambiguïté. Mon mari ne comprend pas mon discours. Mais bon cela c’est autre chose en ce qui le concerne. Il ne juge pas monsieur, il ne comprend pas.
      Mes pensées apaisées vis à vis de ma mère me font du bien, et les écrire aussi. Tu as vu juste. Tu sais que j’écris à l’instinct, comme cela vient. Et c’est comme ça. 🙂
      D’avoir partagé ces mots ainsi via un article, avec toi, Claudie, Colette et d’autres qui me connaissent maintenant depuis si longtemps et avoir un retour cela fait tellement du bien.
      Pour revenir à ma fille, c’est difficile, et je ne sais pas trop comment avec la distance faire au mieux ? Cela ne m’empêche pas ni de vivre ni d’aller de l’avant. Je suis parfois triste. Je pleure et puis après c’est fini et je passe à autre chose. Encore quelque chose que monsieur ne comprend pas. Alors que c’est ce fonctionnement là qui m’aide. Pour revenir à maman, bien souvent je me dis : « Tient je vais lui téléphoner pour lui raconter ceci ou cela » et puis je souris, et je me dis : « si tu m’entends de là où tu es c’est une bonne chose » Même si c’est une parcelle de conscience dans l’univers 🙂
      Je suis belge et néerlandaise et j’ai parfois du mal à écrire ainsi des mots pour les français qui me lisent. Je n’ai pas votre vocabulaire. Je n’ai pas autant de mots dans ma culture. Alors je sais que je parle simplement, sans fioritures littéraires comme je puis les lire chez d’autres. Je puis m’exprimer c’est déjà ça. Oui je sais je me dévalorise, mais c’est ce que je ressens. Apprendre deux langues à la fois donne le désavantage de n’en connaitre bien aucune des deux. Je le sais. Désolée pour tous ces manquements.

      Je te remercie Mandrine d’avoir mis tes mots sur les miens. Vous m’avez émue avec vos réponses. Et le partage fait du bien. Je reste à ce niveau très en retrait et préfère souvent répondre sur les autres blogs. Pourquoi ? Parce que j’ai alors l’impression d’avoir l’interlocuteur (trice) devant moi, même virtuellement. 🙂
      Bon week-end. Ici il fait un ciel tout bleu. Ce n’était pas du tout ce qui avait été annoncé.
      Bisous et à très bientôt. J’ai beaucoup de projet lorsque je serai installée. ❤
      Geneviève

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  10. C’est un témoignage poignant, je ne trouve pas les mots, car je ne peux me mettre à votre place n’ayant pas vécu la même chose que vous ou que votre maman, en prenant compte de l’époque, les choses évoluent aujourd’hui mais je comprends que ce genre d’expériences laisses des marques que l’on conserve à vie. Merci d’avoir partagé ce moment de vie des plus intense.
    bon week-end.

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    • Je souhaitais écrire ce qu’avait vécu maman, son ressenti et le mien. Cette « lutte » entre elle et moi parce qu’elle n’était pas partie de la maison. Reproche que j’ai tenu comme propos si longtemps. C’est fini ces reproches. Les choses évoluent peut-être aujourd’hui et pourtant les fonds manquent. Les structures manquent. Pourquoi alors devoir constater autant de morts à l’heure actuelle ? J’ai entendu des témoignages de femmes battues. Elles se retrouvent à l’hôpital et ce n’est qu’à ce moment là ici en France, qu’elles sont alors protégées. Mais avant d’arriver à l’hôpital que de parcours pour ces femmes là. Elles ne sont pas entendues. Même de par leur famille, car elles se taisent, n’osent pas enfermées dans leur silence. J’ai entendu par honte. Là je ne comprends pas. Ceci pour d’autres agressions. J’en parlerai lorsque j’aurai le courage.
      Bon w.e. Pimpf 🙂 Merci de ton passage 🙂

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    • Je te remercie carrie.
      Je ne savais pas que j’écrirais tout cela. Et avant midi, c’est venu comme cela. J’ai voulu parler de maman, alors que nous nous sommes tant opposées. Cela fait plusieurs mois que mes pensées à son égard ont beaucoup changé. J’en suis contente. Cela fait quelques années qu’elle est décédée. Je pense aujourd’hui que j’aimerais beaucoup lui parler de ce que je comprends aujourd’hui.
      Bisous

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  11. J’ai lu ton texte avec intérêt Geneviève ! Ça prend bien du courage, pour raconter cela ! Tu l’as ! C’est une sainte femme, que ta maman ! Qu’elle vie ! Elle a fait pour le mieux, selon elle … douce poursuite de ce jour !
    Gros, gros bissous♥

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    • Cela faisait longtemps que j’avais envie d’écrire quelque chose de très personnel. Et puis les mots sont venus comme cela. J’avais envie de raconter en ce jour alors que tant de femmes meurent encore sous les coups et ne peuvent pas partir de leur compagnon, ce que maman avait enduré elle aussi et nous aussi, mon frère et moi pendant toutes ces années. Je souhaitais lui rendre hommage.
      Oui maman avait bien des qualités. Elle a été très courageuse et je ne lui ai pas facilité la tâche durant toutes ces années où tous mes reproches nous ont opposé. Il y a pas mal d’autres choses à raconter. Une chose à la fois.
      Je suis triste qu’elle ait eu cette vie là. A cela je pense souvent. Elle ne le méritait pas. Aucune femme ne le mérite d’ailleurs. Elle a subi beaucoup de choses. Il y a dû y avoir un monde entre ses rêves de jeune fille, le début de sa vie avec mon père dont elle m’a confirmé qu’elle avait été très amoureuse de lui.
      Elle a pu faire face pour ses enfants et s’est battue comme elle pouvait. Il devait y en avoir des femmes ainsi qui ont vécu ce qu’elle a subi.
      Bon w.e., la semaine est déjà finie. Je t’embrasse aussi Colette ❤

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    • Bonsoir Marie,
      Merci pour ta réponse.
      Ceci était un témoignage vécu non pas par maman, mais par ce que j’ai pu voir et ressentir. Maman avait eu une éducation où parler de ses émotions ne se faisait pas. J’en parle. Très peu sur mon blog. Du moins, je le pense, ou je me trompe ?
      Je suppose que ce sont les mots de cette femme que j’ai entendus hier qui a déclenché ce que j’ai écrit. Cela fait du bien de pouvoir mettre enfin les mots par écrit.
      Je t’embrasse aussi.
      Geneviève

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  12. A choisir entre les coups ou la torture morale je ne sais pas ce qui laissent le plus de traces profondes.
    Je n’ai pas vécu ça car mon père a fait sa valise j’avais 10 ans, il n’était pas violent mais volage.
    Je ne l’ai revu que bien des années plus tard mais les liens ne se sont jamais vraiment reformés.
    J’ai très peu de souvenirs de lui, j’au du faire un barrage psychologique.
    Ta mère avait ses raisons et je comprends, aller se plaindre ce n’était pas facile car c’était la femme qui devait quitter le domicile familial et repartir de zéro . je suis juste surprise de sa réaction lors de son décès, je l’aurais pris comme un soulaement.
    Il n’y avait pas les structures d’accueil.
    Il devait y avoir une loi pour obliger les hommes violents à partir du domicile mais je n’ai jamais vu son application.
    Tu as bien fait de l’écrire, ça t’aide et ça m’aide aussi.
    Bon week-end.

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    • Tu te souviens du livre que j’avais commenté au sujet d’un auteur qui avait recueilli les témoignages de femmes battues physiquement et psychologiquement agressées ? L’amour et les forêts cela s’appelait. En écoutant cette femme et d’autres ces derniers jours sur les médias, mon déménagement pour ces raisons psychologiques, j’ai pensé à maman, à nos griefs tant de fois échangés. Nos disputes incessantes. Même en vivant ici à Bordeaux.
      Depuis je pense au moins quelques mois si pas davantage, je pense tout à fait différemment.
      Quant à ce qui laisse des traces. J’entends et je suis d’accord que les coups comme ceux que j’entends recevoir par d’autres femmes qui se retrouvent à l’hôpital avec des membres amochés, le corps mutilé, c’est grave. Maman et nous avons vécu des moments incroyables, difficiles, et surtout douloureux pour elle pour ces agressions. C’est le côté psychologique sur la durée qui laisse des traces. Je pense qu’il a influencé mon frère dans son choix de se retourner contre le mot : « famille », choix que je ne comprenais pas et avait adopté les parents de son épouse comme famille. J’aime mon frère, et il n’en connaît pas la mesure. Elle nous a séparé. C’est comme cela. Je ne sais pas pourquoi. Lui l’ignore aussi, car lors de son décès nous avons lui et moi un peu parlé. Il a énormément de difficultés à mettre des mots sur tout cela et s’y refuse, ce que je respecte. J’ai tout de même compris qu’elle avait divisé pour mieux « régner » ? J’ignore pourquoi. En fin de vie elle prenait mon frère pour son mari. Elle était atteinte de démence sénile, ce qui ne veut pas dire la folie, mais est bien une autre pathologie liée à la vieillesse et je pense à la vie qu’elle a dû subir.
      Que ton père soit parti, il a bien fait. Comment ta mère et toi avez vécu cela est une histoire. Celle d’autres femmes qui ont dû subir cela aussi. Mon père avait eu une première femme, et avait été laissé pour mort pendant la guerre. Sa femme ayant reçu l’avis de décès aux Pays-Bas vivait avec quelqu’un d’autre. Mon père revenant chez lui a trouvé un autre homme à sa place. Je sais qu’il y a eu de la violence comment je l’ignore ? Je vais bientôt voir ma demi-soeur qui a 76 ans. Eux ont très peu connu leur père qui est le même que le nôtre. J’ai entendu que lui aussi se pavanait avec d’autres femmes sur une barque à Amsterdam et qu’il venait narguer sa famille. Est-ce des suites de cette guerre ? Ou bien avant. Je suppose que oui vu les dates. C’était un coureur de jupons, cela nous ne le savions par ses enfants. Maman a eu l’occasion de rencontrer sa première femme et se sont parlés. J’ignore ce qui s’est dit. C’était secret.
      Quant au fait que tu aies pu revoir ton papa, c’est une bonne chose. Que les liens n’aient plus été là. Je ne sais quel âge tu avais lorsque vous vous êtes revus, mais tu devais vachement lui en vouloir non ? Tu t’es protégée certainement. Je ne suis pas psy. Quant à cette protection, ce fut une bonne chose. J’ai perdu la mémoire de toute ma jeunesse avant mes dix ans. Je n’ai que des souvenirs que via les photos, ou avec mes grands-parents, ceux là sont bien présents.
      Partir pour une femme et encore aujourd’hui ce n’est guère chose aisée. Je l’ai fait à plusieurs reprises dans mes essais de couples ratés et surtout et du père de ma fille et du père de mon fils. D’autres histoires très difficiles. Les hommes dans ce sens ont un rôle où ils prennent les enfants en otage. Je pense que dans le passé partir pour moi a été bien souvent par réaction pour ma survie, mais aussi parce que maman n’avait pas pu le faire.

      Quant au décès de papa, je n’ai vraiment pas compris non plus. Depuis lors cet écroulement devant sa tombe de la part de maman me poursuit. Je traduis cela par un attachement à son bourreau, et à tout ce qui la liait à papa dans tout ce qu’elle avait exécuté par devoir. Les actions qu’elle faisait au quotidien la maintenait en vie, droite, dans l’action de par justement l’existence de mon père. C’est un peu ce que je comprends. Lui partit elle a dû continuer. Je dois dire qu’à cette époque elle a continué comme dame de compagnie même en faisant la nuit pour arrondir sa retraite, jusqu’au moment où elle n’a plus pu physiquement. Et elle avait bien plus d’énergie que moi. Ma fille a hérité de ce côté physique que je n’ai pas.

      Quant à ta proposition de loi, quelle bonne idée que celle-là. Dans un monde encore machiste, comment en émettre l’idée et la mettre à exécution. Il y a l’application lorsque la femme enfin porte plainte d’éloignement qui est si difficile à faire respecter. Récemment une femme vivant dans un centre protégé pour femmes battues avait été retrouvé par son conjoint. Ils ont tous les trucs tout de même pour assouvir ce qui ne va pas chez eux. C’est si compliqué chez ces hommes là.
      Je suis contente que j’aie pu un peu t’aider. Peu importe en quoi. Les témoignages sont là justement pour semer les mots. Ce n’était pas drôle à lire je suppose. Je n’ai fait qu’écrire des souvenirs et j’ai pu le faire cette fois ci pour maman. C’est que c’était le moment.
      Bisous et bon week-end à toi aussi.

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    • Bonjour
      Les violences morales font autant de mal, sinon plus que les violences physiques, et démolissent moralement la personne subissant ces violences psychologiques, qui la rabaissent, la culpabilisent, lui font perdre la confiance en soi, et c’est insupportable de ne pas s’aimer soi-même; conséquences, elle s’isole, incapable d’aller et de communiquer avec les autres; son unique souci et crainte étant de tout faire pour complaire à son compagnon (ou compagne), mériter son amour et son admiration; cette personne vit dans cette angoisse, et cette attente angoissante qui l’habitent perpétuellement; difficile de trouver, à ce moment là de l’énergie pour lutter autrement, et penser que la personne violente a tort et la voir sous les traits d’un bourreau..

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  13. Je viens de lire ton témoignage Geneviève et j’en suis vraiment émue . L’alcoolisme est une sacrée torture pour tous ceux qui côtoient la personne qui en est atteinte . Je comprends que tu n’aies pu pendant des années comprendre l’attitude de ta maman mais je pense qu’elle était fortement sous l’emprise de ton père et qu’elle l’aimait , oui le syndrome de Stockolm peut expliquer son comportement . Mais que cela a du etre difficile de vivre dans cet état de peur permanente , quel courage tu as eu de t’opposer à cette dictature .Les mots n’étant pas les moindres dans la catégorie des coups qui marquent .
    Je comprends mieux maintenant tout ce qui était en filigrane dans tes autres billets
    Bises

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    • Oui oui l’alcoolisme une véritable plaie. Comment j’ai fait pour qu’il n’aille plus au bistrot, ce fut deux longues années de mon existence alors que j’étais jeune adolescente. J’en avais trop marre de ce truc là.
      Pour maman, avec les années, elle a eu un autre attachement pour son mari. De quel ordre je l’ignore ? Pourtant même lorsque les discussions allaient bon train, c’était elle finalement qui avait pris le « pouvoir », l’âge aidant de la part de mon père qui était alors devenu âgé. Il y a eu le travail et ses collègues qui lui ont apporté une grosse bouffée d’oxygène. J’ose espérer que ses enfants l’ont aidée. Quant à vivre dans la peur permanente, oui à la maison au quotidien. Surtout le soir lorsqu’il rentrait tard. J’étais dans mon lit, je ne pouvais pas dormir, et j’attendais le coeur battant très vite qu’il arrive. Cela cessait un moment lorsque la porte s’ouvrait. Puis je « veillais » encore tant j’avais peur qu’il n’agresse maman. Elle n’a jamais su cela, je n’ai jamais pensé lui raconter. Comme si j’avais oublié. Je me suis opposée partiellement à cette dictature pour ce qui concerne la boisson. Contre les mots à mon égard je n’ai guère eu le choix que de les entendre et de les subir. Maman prenant bien souvent ma défense. Tant de petites histoires là qui me reviennent en mémoire en te répondant. J’avais l’âge de sortir. Dix-huit peut-être et maman et moi étions allées à un bal toutes les deux. Nous sommes rentrées à minuit. Je ne te raconte pas ce que nous avons entendu en rentrant. Maman en a eu pour son grade et j’ai reçu des coups je ne sais plus où. Je sanglotais dans mon lit. Maman est venue et m’a alors donné un médicament que j’ai pris jusqu’à ce que je sois enceinte. Je ne me souviens plus du nom de ce médicament assez inoffensif, mais nocif pour l’enfant que j’attendais après mon premier mariage. Et dire que dans mes choix, celui actuel que je pensais faire de manière si hors sentiment passionné n’a abouti qu’à ce même état d’atteintes psychologiques. C’est un autre sujet.
      Je souhaiterais ajouter que je regrette tellement de ne pas ressentir les sentiments que je lis et que vous éprouvez tous vis à vis de vos parents. Je suis heureuse qu’à la lecture cet amour existe entre parents et enfants. Je l’éprouve pour mon fils, donc il existe bien. 🙂
      Avec ma fille, je n’ai fait que répéter la manière dont j’avais été éduquée par maman. Hélas, trois fois hélas, quelle erreur. C’est trop tard. Maman nous a élevé comme elle-même avait été élevée, de manière stricte et bourgeoise. Elle ne manifestait pas ses sentiments. Je sais que dans le passé, ce n’était pas de mise d’exprimer. Cette froideur et cette distance, je l’ai reproduite fidèlement, empreinte de mon éducation à ma fille. Elle en a beaucoup souffert. Je lui en ai parlé, et elle sait, elle comprend un peu. C’est la raison pour laquelle avec ses enfants elle a fait tout l’inverse. Un autre histoire.
      Je t’embrasse aussi et passe un bon w.e. Il ne va pas faire très beau.

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C'est gentil d'y avoir pensé, merci.

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