Le sommeil de Leïlah (Charles-Marie Leconte de Lisle)

Un fort beau poème.

Arbrealettres


Le sommeil de Leïlah

Ni bruits d’aile, ni sons d’eau vive, ni murmures ;
La cendre du soleil nage sur l’herbe en fleur,
Et de son bec furtif le bengali siffleur
Boit, comme un sang doré, le jus des mangues mûres.

Dans le verger royal où rougissent les mûres,
Sous le ciel clair qui brûle et n’a plus de couleur,
Leïlah, languissante et rose de chaleur,
Clôt ses yeux aux longs cils à l’ombre des ramures.

Son front ceint de rubis presse son bras charmant ;
L’ambre de son pied nu colore doucement
Le treillis emperlé de l’étroite babouche.

Elle rit et sommeille et songe au bien-aimé,
Telle qu’un fruit de pourpre, ardent et parfumé,
Qui rafraîchit le coeur en altérant la bouche.

(Charles-Marie Leconte de Lisle)

Illustration: Fabio Cipolla

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2 réactions sur “Le sommeil de Leïlah (Charles-Marie Leconte de Lisle)

    • J’ai aussi appris cet auteur à l’école, du moins dans les classes supérieures à Bruxelles. L’année poétique ainsi appelée et précédent la rétho en Belgique, ou votre BAC sans la philo en Belgique, est une année que j’ai pu apprécier avec tant de plaisir. J’ai dû la recommencer à cause des maths et uniquement cette matière. Ce qui, grâce à l’intelligence des professeurs de l’époque, m’a fait voir un tout autre programme pour la même année. Bonne semaine à toi. 🙂

C'est gentil d'y avoir pensé, merci.

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