Le creux de tes bras

J’aimerais tellement m’enrouler dans le creux de tes bras
Me loverais ainsi rien que pour renifler ton odeur.
J’aimerais tellement plonger, et ceci pendant des heures
Dans l’espace de tes yeux, y voir notre futur repas.

Celui de nos étreintes, celui de nos soupirs, de nos désirs
Je sentirais ton souffle dans mon cou, et entendrais les mots
Murmurés dans les sillons de mon oreille, une ardeur, un flot
De sensualité, de volupté, d’égarements futurs, dans le plaisir.

Tes mains glisseraient autour de mes hanches, de ma taille,
Se feraient douces et fermes autour de mon cœur
Je me plierais à cette invitation, ne livrant aucune bataille.
Laissant sur nos lèvres la couleur d’un désir enjôleur.
© G. Ecrits 25-04-2017

L’atelier de Ghislaine n°20

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Faire un texte sur le ressenti de la peinture ci-dessous.

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Vous vous êtes mises à plusieurs pour essayer de briser un couple déjà vacillant sur des bases d’une douzaine d’années.
Deux femmes et peut-être une autre, pour des raisons totalement inconnues et ceci dans mon dos ont convaincu celui avec qui j’habitais à prendre une nouvelle fois cette décision et le conforter pour mettre dans cet agissement toutes les horreurs possibles. Rien n’a été révélé, tout est conjoncture.

Je tourne le dos à vos rumeurs, à vos cancans de bas étages et j’ai agi. Ceci a étonné. Je l’ai fait le cœur dans les chaussettes et en même temps avec enthousiasme. Avez-vous cru que je renoncerais ? Que je tomberais en dépression ? Etait-ce cela le but ? Vos pensées n’ont pas été humaines ni bienveillantes.

Toi qui m’écoute, là debout derrière moi, toi qui aide les femmes victimes de violences conjugales et psychologiques, tu t’es retrouvée avec ta sœur et ton père, ceci d’après les dires de ce dernier avoir été très choquée de mes propos dans la famille. Quelle famille ? Je ne voyais personne. Sauf les enfants et petits-enfants du papa.

J’aurais bien pris les jambes à mon cou. C’est mal me connaître, je préfère affronter. Hélas la famille cultive les non-dits, et surtout les mots au niveau du bac à sable. Pas de rencontre, pas de défense, pas le droit à des explications ou entendre ce qui m’est reproché. J’aurais pu au moins comprendre.
Actuellement nous commençons à disparaître loin l’une des autres. Quelle chance, je n’ai pas besoin de vous dans mon cœur. Vous n’êtes pas de ma famille. Jamais vous n’avez manifestez aucun intérêt pour moi, mes enfants là-bas en Belgique. Je n’ai jamais existé pendant douze ans pour vous deux mesdames. J’ai été totalement transparente.

Comme je suis naïve, j’ai confiance et je parle, je raconte. Qu’importe je suis sincère et ce que je raconte, je l’ai déjà dit à la maison. Alors où sont les problèmes ? Je me suis éloignée de la ville du Port de la Lune, et me rapproche de l’océan et de son estuaire.
Voyez derrière les pierres, la Gironde coule calme et apaisante sur les différends qui annulent douze années de vie commune. Le ciel est plus souvent bleu que nuageux. Le printemps sera bientôt à la porte avec des projets et des projets encore. Ils s’ajouteront à ceux d’aujourd’hui. Vous ne m’avez pas enfermée au contraire, vous avez ouvert la porte de ma liberté. Merci.

 

© Geneviève.O
19-12-2016

Au cœur de l’ordinateur

Au cœur de l’ordinateur

Je m’étais introduite dans son programme, et j’y avais réussi grâce à mon cheval de Troie.
Entourées de fils et de puces, et à pas retenus, je m’avançais vers le lieu où je pourrais le surprendre, le rencontrer au coeur même de sa création. J’avais franchi le portail.

Les circuits titillaient mes seins que j’avais enveloppés de longs voiles transparents et m’envoyaient de petites décharges qui m’excitaient comme sa main aurait pu le faire. Du moins c’est ce que j’espérais dans mon for intérieur. Car cela faisait si longtemps maintenant que j’attendais alors qu’il ne se manifestait pas ou très peu.

Malgré la rencontre de quelques cascades, sur ce chemin je me trouvais bien seule n’y rencontrant pas un seul chat.

Mon esprit gambadait, je l’imaginais grand, blond, aux yeux bleus, celui qui venait du nord, de la lignée de ces valeureux vikings, braves et courageux, et dont l’entêtement ne reste pas à prouver.

J’avais composé pour lui un merveilleux chant, la partition en tête. Je me sentais sirène. J’irais lui tendre la main, pour l’emmener aussi dans mon monde virtuel, dans le creux de mes propres circuits, le tenter et lui faire boire un breuvage concocté par moi où j’y aurais mis une délicieuse boisson remplie de virus qui lui ferait perdre le contrôle et l’enfiévrer.

J’enjambais, les différentes connexions électroniques, d’un pas souple et allègre. Mon coeur battait la chamade, car j’allais enfin le voir, lui vers qui, grâce à mon mot de passe, je pouvais pénétrer sur ce lieu si particulier, où je confiais via mon clavier, mes secrets les plus intimes, ainsi que mes fantasmes.

Je me trouvais avoir retenu son adresse et franchi la passerelle, très près de son système central.

La rencontre était proche, et bientôt j’imaginais que je pourrais le regarder, lui parler, plonger mes yeux dans les siens, et l’inviter pour une première danse, une java.

Mon corps se collerait contre le sien. Je sentirais toutes les courbes de son anatomie, comme lui sentirait les miennes.

La musique des circuits nous envelopperait et cette danse deviendrait lascive, langoureuse, à la fois virevoltante, et sensuelle. Nos pas seraient synchrones.

Perdue dans mes rêves, j’en oubliais les lieux où je me trouvais. La chaleur y était intense et j’avais très soif. Un serveur de passage me servit une boisson désaltérante. Le personnel laissait souvent à désirer, il le savait mais faisait son possible comme il le pouvait étant donné que certains jours, ce n’étaient pas les allées et venues qui manquaient.

Quelques chats s’étaient présentés à ma vue comme pour me montrer le chemin.

Soudain je me suis retrouvée devant lui, face à face parmi toutes ces données, près de son coeur. J’étais émue de le voir enfin, de le découvrir.

En bon hôte, il m’ouvrit la porte et me fit rentrer.

J’avais enfin, en face de moi, le Webmaster !

Un jour pour m’amuser écrire cette nouvelle sur base de certains termes utilisés en informatique à l’époque.

© 2006-2007 Geneviève.O

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Aux amis inconnus – Sully Prudhomme

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Aux amis inconnus

Ces vers, je les dédie aux amis inconnus,
À vous, les étrangers en qui je sens des proches,
Rivaux de ceux que j’aime et qui m’aiment le plus,
Frères envers qui seuls mon coeur est sans reproches
Et dont les coeurs au mien sont librement venus.

Comme on voit les ramiers sevrés de leurs volières
Rapporter sans faillir, par les cieux infinis,
Un cher message aux mains qui leur sont familières,
Nos poèmes parfois nous reviennent bénis,
Chauds d’un accueil lointain d’âmes hospitalières.

Et quel triomphe alors ! Quelle félicité
Orgueilleuse, mais tendre et pure, nous inonde,
Quand répond à nos voix leur écho suscité,
Par delà le vulgaire, en l’invisible monde
Où les fiers et les doux se sont fait leur cité !

Et nous la méritons, cette ivresse suprême,
Car si l’humanité tolère encor nos chants,
C’est que notre élégie est son propre poème,
Et que seuls nous savons, sur des rythmes touchants,
En lui parlant de nous lui parler d’elle-même.

Parfois un vers, complice intime, vient rouvrir
Quelque plaie où le feu désire qu’on l’attise ;
Parfois un mot, le nom de ce qui fait souffrir,
Tombe comme une larme à la place précise
Où le coeur méconnu l’attendait pour guérir.

Peut-être un de mes vers est-il venu vous rendre
Dans un éclair brûlant vos chagrins tout entiers,
Ou, par le seul vrai mot qui se faisait attendre,
Vous ai-je dit le nom de ce que vous sentiez,
Sans vous nommer les yeux où j’avais dû l’apprendre.

Vous qui n’aurez cherché dans mon propre tourment
Que la sainte beauté de la douleur humaine,
Qui, pour la profondeur de mes soupirs m’aimant,
Sans avoir à descendre où j’ai conçu ma peine,
Les aurez entendus dans le ciel seulement ;

Vous qui m’aurez donné le pardon sans le blâme,
N’ayant connu mes torts que par mon repentir,
Mes terrestres amours que par leur pure flamme,
Pour qui je me fais juste et noble sans mentir,
Dans un rêve où la vie est plus conforme à l’âme !

Chers passants, ne prenez de moi-même qu’un peu,
Le peu qui vous a plu parce qu’il vous ressemble ;
Mais de nous rencontrer ne formons point le voeu :
Le vrai de l’amitié, c’est de sentir ensemble ;
Le reste en est fragile, épargnons-nous l’adieu.

René-François Sully Prudhomme. (1839-1907) – Les vaines tendresses

Illustration

Douleur en morceaux

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Sources : Le net

Douleur en morceaux

Lorsque la douleur éclate en mille morceaux
Comme des morceaux de verres
Se retrouvant à terre.
Les larmes coulent à grandes eaux.

Lorsque la douleur insidieuse et quotidienne
Joue à cache-cache comme les persiennes
Du soleil qui a disparu de l’horizon
Le souffle se fait court, il n’y a plus de son

Lorsque la douleur veut me faire sienne
Que je refuse de m’y soumettre,
En disant : « Non »
Qu’elle aille se faire mettre
Cette saleté qui n’a aucun nom

Lorsque la douleur s’insinue dans le cœur
Prend en gage tout le corps
La révolte gronde, plus de lettres d’or
L’amour existe-t-il encore ?

Pas de réponse dans l’immense solitude
De la vie qui coule dans les veines
Pas de réponse dans les incertitudes
De l’avenir qui se tait sans je t’aime.

© G.Ecrits 22-02-2016