Le creux de tes bras

J’aimerais tellement m’enrouler dans le creux de tes bras
Me loverais ainsi rien que pour renifler ton odeur.
J’aimerais tellement plonger, et ceci pendant des heures
Dans l’espace de tes yeux, y voir notre futur repas.

Celui de nos étreintes, celui de nos soupirs, de nos désirs
Je sentirais ton souffle dans mon cou, et entendrais les mots
Murmurés dans les sillons de mon oreille, une ardeur, un flot
De sensualité, de volupté, d’égarements futurs, dans le plaisir.

Tes mains glisseraient autour de mes hanches, de ma taille,
Se feraient douces et fermes autour de mon cœur
Je me plierais à cette invitation, ne livrant aucune bataille.
Laissant sur nos lèvres la couleur d’un désir enjôleur.
© G. Ecrits 25-04-2017

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Aux amis inconnus – Sully Prudhomme

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Aux amis inconnus

Ces vers, je les dédie aux amis inconnus,
À vous, les étrangers en qui je sens des proches,
Rivaux de ceux que j’aime et qui m’aiment le plus,
Frères envers qui seuls mon coeur est sans reproches
Et dont les coeurs au mien sont librement venus.

Comme on voit les ramiers sevrés de leurs volières
Rapporter sans faillir, par les cieux infinis,
Un cher message aux mains qui leur sont familières,
Nos poèmes parfois nous reviennent bénis,
Chauds d’un accueil lointain d’âmes hospitalières.

Et quel triomphe alors ! Quelle félicité
Orgueilleuse, mais tendre et pure, nous inonde,
Quand répond à nos voix leur écho suscité,
Par delà le vulgaire, en l’invisible monde
Où les fiers et les doux se sont fait leur cité !

Et nous la méritons, cette ivresse suprême,
Car si l’humanité tolère encor nos chants,
C’est que notre élégie est son propre poème,
Et que seuls nous savons, sur des rythmes touchants,
En lui parlant de nous lui parler d’elle-même.

Parfois un vers, complice intime, vient rouvrir
Quelque plaie où le feu désire qu’on l’attise ;
Parfois un mot, le nom de ce qui fait souffrir,
Tombe comme une larme à la place précise
Où le coeur méconnu l’attendait pour guérir.

Peut-être un de mes vers est-il venu vous rendre
Dans un éclair brûlant vos chagrins tout entiers,
Ou, par le seul vrai mot qui se faisait attendre,
Vous ai-je dit le nom de ce que vous sentiez,
Sans vous nommer les yeux où j’avais dû l’apprendre.

Vous qui n’aurez cherché dans mon propre tourment
Que la sainte beauté de la douleur humaine,
Qui, pour la profondeur de mes soupirs m’aimant,
Sans avoir à descendre où j’ai conçu ma peine,
Les aurez entendus dans le ciel seulement ;

Vous qui m’aurez donné le pardon sans le blâme,
N’ayant connu mes torts que par mon repentir,
Mes terrestres amours que par leur pure flamme,
Pour qui je me fais juste et noble sans mentir,
Dans un rêve où la vie est plus conforme à l’âme !

Chers passants, ne prenez de moi-même qu’un peu,
Le peu qui vous a plu parce qu’il vous ressemble ;
Mais de nous rencontrer ne formons point le voeu :
Le vrai de l’amitié, c’est de sentir ensemble ;
Le reste en est fragile, épargnons-nous l’adieu.

René-François Sully Prudhomme. (1839-1907) – Les vaines tendresses

Illustration

Pour Gisèle et son défi – 13

Pour Gisèle et son défi imagecitation #13

https://giselefayet.wordpress.com/2015/04/14/imagecitation-13/

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Vient, mon amour,
Près de moi,
Là dans mes bras
Approche tes lèvres,
Goûtons ce moment
Ensemble, à jamais.
Voilà ce que tu me disais
Lorsque d’un sourire lumineux,
Tu m’embrassais.

Tes yeux racontaient
Ton bonheur associé au mien
Ta voix métallique
Résonnait en moi.
Je pouvais te voir,
Te parler.

C’était un grand bonheur,
Celui de t’écouter.
Je n’ai pas oublié,
Cet amour, nos émois.
Jamais je n’oublierai
Le bonheur dans tes yeux.

© G.Ecrits 15-05-2015